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raoulduguay.net est le site officiel de Raôul Duguay, poète, chanteur, philosophe, peintre... bref, omnicréateur québécois.

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Conception :
  Raôul Duguay et Jean Trudeau

Collaboration :
  Annie Reynaud

Révision des textes :
  Monique Thouin

Réalisation :
  ÉditiQue SM


Tous droits réservés.

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Un poème cinématographique

Bien que j'aie réalisé le long métrage ô ou l'invisible enfant, je ne me considère pas comme un cinéaste mais comme un poète qui a recours à l'image sonore pour signifier sa philosophie de la vie. Mon message est simple : Pour protéger la beauté du monde, il faut redécouvrir la faculté d'émerveillement propre à l'enfant. Ainsi en est-il dans le constant renouvellement nécessaire à la floraison des relations amoureuses.

En général, le scénario d'un film développe une trame dramatique dont les séquences sont logiques et cohérentes. Or mon film semble être un puzzle ou un tissu d'images sans cohésion. En fait, la structure du film est morcelée et comprend 33 séquences (phénomène typiquement infoniaque) qui répondent à 3 thématiques majeures : la naissance d'un monde nouveau, écologique et respectueux de la nature, le stress causé par la guerre (événements d'octobre en 1970) provoquant l'ingérence de l'État (la police) dans l'identité des personnes, et puis le harcèlement social à l'endroit des phénomènes culturels insolites et des libertés individuelles.

Il est à noter que ce film a été tourné à l'époque de mes activités artistiques avec l'Infonie. Plusieurs des personnages infoniaques y jouent un rôle prépondérant. On peut y constater de visu la folie créatrice qui nous animait.

ô ou l'invisible enfant n'a été présenté au grand public que 3 fois : la première fois à la cinémathèque de l'Office national du film; la deuxième dans le cadre de l'événement Infonie à la cinémathèque de l'Office national du film; et la troisième fois au Festival des films du monde de Saint-Armand! Film de tablette dont on ne se souviendra que plus tard!

ô ou l'invisible enfant demeure pour moi un long poème cinématographique créé pour provoquer une réflexion sur l'enfance de l'art.

Bien que j'aie joué dans plusieurs films, je ne suis pas un comédien et n'ai jamais interprété d'autre personnage que moi-même.




Pour mieux connaître Raôul Duguay, cinéaste et comédien :

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Le temps d'être

« Nous sommes condamnés à la conscience. »
Jean-Pierre Lefebvre, Le Quartier Latin, vol. 52, no 7, 1969.
Le cinéma d'aujourd'hui est à l'image du monde : un immense grain de maïs, un stroboscope à faire éclater le temps d'être, une explosion d'images extrêmes faites d'effets visuels onéreux. Image du stress excessif d'une civilisation hantée par l'accélération constante de ses conquêtes de la nature et de la culture, le cinéma commercial, mise sur la projection de sensations fortes pour hypnotiser les foules et augmenter les avoirs de ses producteurs. Plus le budget est gros, plus le film sera spectaculaire, plus le divertissement sera grand et plus le film sera évanescent.

En marge de ce cinéma spectaculaire et commercial, celui de Jean-Pierre Lefebvre est à l'image de l'homme en quête d'une identité authentique. Son authenticité se manifeste d'abord sur le plan esthétique. Maître de la caméra et du contenu de la pellicule, photographe exceptionnel dont l'oeil sensible sait saisir la poésie des personnages et des paysages, architecte précis des plans et séquences et sculpteur de leurs lumières, Lefebvre se distingue par sa conscience du temps et de l'espace. Contrairement au cinéastes et aux publicitaires d'aujourd'hui qui, rendant souvent leurs oeuvres paraplégiques en ayant recours à de multiples découpages des plans sous prétexte de garder l'attention des spectateurs, Lefebvre, conscient du temps qu'il faut prendre pour avoir le temps d'être un être humain à plein temps, accorde à la longue durée de ses séquences le pouvoir d'inscrire dans la conscience du spectateur une empreinte profonde et durable. Jamais à la mode mais jamais démodée, son esthétique, empreinte d'autant de rigueur dans le scénario que de spontanéité sur le terrain, est fondée sur l'équivoque, riche en métaphores et en analogies qui ouvrent grandes les portes de l'imaginaire.

Si le génie d'un artiste réside dans son style, celui de Lefebvre réside dans son regard métaphysique sur les choses et les hommes. Rarement ce mot, métaphysique (non commercial à souhait), se retrouvera-t-il dans la bouche d'un spectateur à sa sortie d'une salle de cinéma. Métaphysique, le cinéma de Lefebvre est une quête de sens : à travers les apparences des images et des mots qu'il donne à voir et à écouter, il recherche l'essence des choses. Voir vraiment un film, c'est en saisir le sens profond, la substance, l'idée ou la vision. Lefebvre, possède l'art de faire transparaître l'esprit des choses et des hommes. Chez lui, les images et les mots sont des prétextes concrets au-delà desquels réside, en transparence ou en sous-texte, le véritable message : l'idée. N'a-t-il pas écrit dans Les cahiers du cinéma, 200-201? : « Le long métrage appartient au monde des idées et des idéologies. Idées à créer, à renforcer, à contester, à détruire ou à élucider ».

Indomptable et intègre dans ses choix idéologiques, Lefebvre a toujours exprimé son identité d'une manière singulière. La dimension critique qui caractérise son cinéma s'appuie sur une éthique véhiculant un système de valeurs qui en font un humaniste. Lefebvre nous porte à méditer sur le beau, le bien et le vrai, les trois idées ou valeurs fondamentales de la philosophie de Platon. Serait-il un idéaliste? Cependant, son discours est une critique de la réalité quand il aborde les trois autres grands thèmes qui traversent son oeuvre cinématographique : l'amour (le couple, la famille, les relations intergénérationnelles), la liberté (solitude et solidarité), la mort (clonage des consommateurs d'images par la télévision et la publicité). Les longs métrages de Lefebvre sont de longs poèmes propices à la méditation sur le destin de l'être humain. Avertissements plutôt que divertissements, réflexions sur les choses de la vie plutôt que reflets de ce monde, ses films sont denses et intenses. L'essentiel de l'action s'y passe en dedans. Le véritable spectacle y est celui de la vie intérieure des personnages en train de devenir conscients d'eux-mêmes, de leurs relations avec les autres et des valeurs humaines qui définissent leurs manières d'être. Ce qui m'impressionne le plus dans les films de Lefebvre, c'est tout ce qui n'y apparaît pas mais y transparaît : l'invisible, l'inaudible et l'indicible.

Jean-Pierre m'a permis de jouer mon propre rôle dans Mon oeil et Mon amie Pierrette. Je lui serai toujours reconnaissant de m'avoir fait confiance. Cette rétrospective arrive-t-elle à temps pour que le Québec reconnaissance ici l'un de ses plus grands cinéastes, un être exceptionnel?

Raôul Duguay
20 décembre 2005
Texte paru dans la revue 24 images, no 126, février 2006

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Le FeFiMoSA 2005

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Le générique

ô ou l'invisible enfant
Générique
Le poème
La rrrouttt d'ô
Le disque
Dossier de presse
ô ou l'invisible enfant

Un film de Raôul luôaR yauguD Duguay

Produit par l'Office national du film du Canada en 1972.
16 mm nb, couleurs et infrarouge, 66 minutes 33 secondes.

Musique originale :
Guy Yug nivioB Boivin.

Chanson :
Raôul Luôar Yaugud Duguay

Générique :
Roger regoR nireleP Pelerin et Jean « Iziz » de Heusch.

Montage :
Marguerite Duparc assistée de Jean Cousineau.

Conseiller technique :
Jean-Pierre Lefebvre.

Caméra :
Réo Grégoire assisté de André -Luc Dupont, Jacques Tougas, Pierre Vinet.

Son :
Richard Bess, Jacques Drouin, Michel Hazel, John Yanyck.

Mixage :
Jean-Pierre Joutel, Michel Dandavino, Léo Evans.

Photo :
Attila Dory.

Production :
Pierre Duceppe, Jean-Marc Garand.



Raôul luôaR yauguD Duguay
et Walter retlaW uaerduoB Boudreau


Avec :
Raôul luôaR yauguD Duguay, Michèle Magny, Paule Baillargeon, Gilles Renaud, Guy Yug nivioB Boivin, Walter retlaW uaerduoB Boudreau, Ysengourd Knöhr, Claude edualK Ts-nyamreG- Saint-Germain, Roger regoR nireleP Pelerin, Andrée eérdnA luaP Paul, Philippe Gagnon, Dominique Tremblay, Isabelle Leduc.

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